Que faire devant les indices de pollution montrant des taux alarmants en Asie ?

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La qualité de l’air a chuté à des niveaux malsains pour la première fois en près de trois ans. La situation s’est détériorée rapidement et à 10h, le PSI était de 155. Il a ensuite atteint 226, le smog n’avait pas atteint de tels niveaux, depuis 2006.

Scénario de l’apocalypse ? Synopsis du dernier film de zombie d’Hollywood ? Non, c’est arrivé à Singapour en juin 2013. Ce n’est pas du cinéma, ça arrive tous les jours dans plusieurs coins de la planète, en particulier dans les manufactures du monde, dont la majorité sont situées dans des villes de Chine et dans des pays pauvres du reste du globe. On fait faire nos produits ailleurs. On ne sauve pas juste sur les coûts de main-d’oeuvre, mais encore plus sur la pollution, les taxes et les lois environnementales.

Ci-dessous, la carte des indices de pollution montrant des taux alarmants en Asie de l’Est autour des villes industrielles chinoises, mais aussi dans quelques mégapoles des pays voisins comme Tokyo, Séoul, Singapour, New Delhi et on ne parle même pas de l’Afrique et de l’Amérique du Sud. Regardez aussi la carte de la route des déchets électroniques des pays industrialisés qui se rendent sans tambour ni clairon dans des pays pauvres d’Asie comme la Chine, l’Inde et le Pakistan.

 

pollution air carte

 

Je n’ai pas l’habitude d’écrire des billets écolos, ça m’ennuie. Le discours est souvent le même, pas toujours neutre et souvent intransigeant. Oui, l’humain a un grand impact sur l’environnement, mais ce gros astre nucléaire qui nous chauffe et apporte la vie sur cette planète qui s’appelle Soleil en a encore plus.

 

L’industrie verte et d’aide humanitaire qui propage ses théories apocalyptiques est aussi une industrie ou la corruption et les opinions divergent. Il faut voir les quartiers généraux des multinationales de l’aide humanitaire, comme Vision mondiale, pour comprendre qu’ils ne coupent pas dans les dépenses. La direction roule en Land Rover et habite des châteaux avec piscine creusée, dans des quartiers huppés en marge des ghettos boueux de ceux qu’ils sont venus aider.

 

La récente série de « haze » (nuage polluant) ou encore « smog » sur Singapour ne m’a pas donné de l’urticaire. Toutefois, ça m’a ouvert les yeux, ça ma secoué dans ma confortable bulle de verre. La terre est ronde, tout est relié. Un jour ou l’autre, les traces d’huile laissées par quelqu’un finiront par croiser notre chemin. L’eau qui coule ici aujourd’hui coulera quelque part ailleurs sur la planète dans une dizaine, des centaines voir des milliers d’années.

 

Il faut être riche et vivre dans l’abondance pour se préoccuper de l’environnement et de si nos légumes sont biologiques. Si l’on remonte un peu dans le temps, disons un peu plus de 25 ans à peu près, on parlait à peine de pluies acides et de BPC.

 

ewaste carte des dechet

 

Je me suis demandé : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour empêcher l’humain et les grandes sociétés privées de tout exploiter jusqu’au dernier arbuste avant qu’il n’en reste plus qu’au musée dans le formol ? ». La plupart des grands pays industrialisés ont déjà exploité leurs ressources naturelles à leur maximum, et souvent plus qu’ils ne devraient. L’étau se resserre sur les territoires encore riches en ressources naturelles, qui sont souvent habités par des gens pauvres, en crises et gouvernés par des gens qui les méprisent. C’est là que des sauveurs en costard venu dans leurs oiseaux de fer brillant débarquent dans un esprit de partage et de progrès, en oubliant derrière eux une valise pleine de billets de banque.

 

Ça vaut peut-être la peine que des organismes neutres aident les pays plus pauvres à conserver leur milieu naturel, leur faune et leur flore, dans une proportion acceptable pour maintenir leur patrimoine et connaître une croissance harmonieuse ; ça reste délicat et prétentieux d’aller voir des gens chez eux et de leur dire qu’ils ne devraient pas faire ceci et cela, quand nous-mêmes avons fait exactement le contraire. L’ONU devrait mandater un groupe indépendant pour identifier les coins naturels essentiels de la planète et les protéger, un peu comme fait l’UNESCO avec ses sites de patrimoine mondial.

 

On devra se poser de sérieuses questions sur les espaces verts restants. Sans avoir fait une recherche exhaustive, il est presque certain que plusieurs coins de la planète sont en déficit de végétation, donc de filtre biologique et de territoire agricole. Il faudrait peut-être demander aux astronautes : si l’on regarde la terre vue de là-haut, voit-on plus de vert et de bleu que de gris sur notre planète ? L’astronaute canadien Chris Hadfield avait-il le goût de jouer « Goodbye Blue Sky» de Pink Floyd à la place de « Space Oddity » de David Bowie ?

 

Il ne faut pas rêver : la jeune génération des derniers paradis verts ne veut pas de la vie dans les rizières, dans la ferme et dans les usines sombres. C’est loin d’être le grand « finish him » de Mortal Kombat. Quand arrivent l’argent, les étrangers, la télé et les téléphones intelligents, c’est terminé, ils ne veulent plus marcher 50 km pour aller chercher de l’eau. Ils veulent visiter le monde, avoir des loisirs et se laisser grossir la bedaine devant la télé comme nous autres.

 

Seul avec son égo, c’est bon de consommer. Ce sont des douceurs sans douleurs. Mais à long terme, nous devons contrôler nos pulsions pour assurer notre longévité et notre bonne santé. La biodiversité, c’est sûr que ça a du sens. Même au niveau capitaliste de la chose, tout le monde est d’accord pour dire que plus il y a d’offres et de diversité, plus les choses et les individus se dynamisent et s’enrichissent mutuellement.

 

Avec beaucoup de pays du tiers-monde et de pays en voie de devenir plus riche et de transformer ses classes très pauvres en famille à revenu moyen, des endroits très peuplés et privés de luxe depuis la nuit des temps comme la Chine, l’Indonésie, le Myanmar, le Laos, plusieurs pays d’Afrique, le Mexique et le Brésil, il vaudrait mieux être de bons conseillers, et même de bons grands frères. Ces pays émergents ont besoin d’une aide éclairée pour faire des choix intelligents et non impulsifs devant les offres privées et commerciales qui viendront les solliciter avec des valises à poignée dorée.

 

Les intérêts privés et personnels ont déjà créé des désastres taillés à la tronçonneuse, et laissé une poignée de cacahouètes à la place de ressources luxuriantes, dans des pays désorganisés, avec peu d’éducation, des gouvernements corrompus, des paysans pauvres se voyant offrir une fortune éphémère et empoisonnée.

 

Comment peut-on préserver le patrimoine vert mondial de façon équitable pour tous ? Comment aider sans prendre seulement nos intérêts en ligne de compte et en ne jouant pas les mythomanes qui détiennent la vérité ?

 

http://www.slate.com/articles/health_and_science/medical_examiner/2013/03/worst_air_pollution_in_the_world_beijing_delhi_ahwaz_and_ulaanbaatar.html

http://www.guardian.co.uk/environment/blog/2013/jan/17/lethal-air-pollution-asia-cities

 

bobby Dennie

GetLostinAsia est édité par Bobby Dennie un canadien amoureux de l'Asie basé à Singapour qui couvre le terrain depuis 2007. visitez la page a propos GetLostinAsia is edited by Bobby Dennie a Canadian based in Singapore. I am a South East Asia travelling Junkie.I am writing and discovering asia since 2007.

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