Le Dragon de Glace Fait son Discours Inaugurale

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Aujourd’hui, c’était le discours inaugural de Park Geun-hye, première femme à la présidence de la Corée du Sud. Il était si inspirant que pendant un moment, j’ai voulu devenir citoyen coréen. Barack Obama peut aller se rhabiller.

Les célébrations ont commencé à minuit avec la sonnerie de la cloche Bosingak à Jongno, le centre de Séoul. Comme le veut la tradition, dix-huit représentants ont été sélectionnés à travers le pays pour faire sonner la cloche 33 fois. Parmi ceux-ci, il y avait même un ex-Nord-Coréen, qui réussit à… sauter le mur, pour se convertir aux joies du capitalisme et de l’eau chaude.

Devant la Maison Bleue — équivalent hyper cool de la Maison Blanche —, La dame de 61 ans a ouvert son discours en promettant une « nouvelle ère de bonheur et d’espoir pour le peuple » et souhaite voir un « Second miracle de la rivière Han ».

Le premier miracle fait référence à l’époque de son père, Park Cheung-hee, l’homme qui a tiré la Corée d’après-guerre d’un gouffre quasi insurmontable.

Je vous fais un résumé des grandes lignes. C’est une traduction libre.

Une économie créative se définit par la convergence des sciences et des technologies avec l’industrie, la fusion de la culture avec l’industrie, et de l’épanouissement de la créativité autrefois inhiber par de nombreuses barrières.

Il s’agit d’aller au-delà de l’expansion rudimentaire des marchés existants, et la création de nouveaux marchés et de nouveaux emplois en s’appuyant sur le fondement de cette convergence.

Les dirigeants du monde devraient s’inspirer ici. En particulier le Japon, qui reste figé dans sa vieille mentalité du miracle japonais de grosses industries old school et zéro créativité.

En déracinant les ​​diverses pratiques déloyales et en changeant les mauvaises habitudes du passé qui ont frustré les propriétaires de petites et moyennes entreprises, nous allons apporter un soutien actif pour nous assurer que tout le monde puisse vivre leur plein potentiel, peu importe où ils travaillent ou ce qu’ils font pour gagner leur vie.

La Corée du Sud est depuis trop longtemps sous l’emprise des Chaebol, conglomérats familiaux des plus grosses business du pays. La collusion et la corruption font partie de la liste des tâches quotidiennes. Changer ces mentalités est une tâche presque impossible, mais le simple fait qu’elle expose le problème est hyper novateur pour le pays.

Nous devons réformer l’éducation afin de faire ressortir le meilleur de chaque citoyen, et nous avons besoin de mettre en place un nouveau système qui favorise ce développement individuel.

Le véritable bonheur ne viendra que lorsqu’un nombre croissant de gens seront en mesure de profiter pleinement de leur éducation et lorsqu’ils aimeront ce qu’ils font.

Il n’y a pas de place pour les rêves, talents ou espoirs, dans une société où tout n’est déterminé que par sa formation universitaire et sa liste de titres.

Encore une fois, le Japon gagnerait à s’inspirer de ces paroles. Car c’est malheureusement tout aussi vrai au pays du soleil levant.

J’espère sincèrement que la Corée du Nord pourra progresser en tant que membre responsable de la communauté internationale, au lieu de gaspiller ses ressources sur le développement de missiles nucléaire, et cessera son isolement volontaire.

À peine ses premiers jours au pouvoir, Park Geun-hye doit passer son premier test en tant que présidente : La Corée du Nord et son petit dictateur frustré : Kim Jong-un. Mais j’ai bon espoir. S’il y a quelqu’un qui va pouvoir « dealer » convenablement avec Pyongyang et p’tit Kim, c’est bien la nouvelle présidente et son cabinet.

Afin d’apaiser les tensions et les conflits et de promouvoir la paix et la coopération en Asie, je vais travailler à renforcer la confiance avec les pays de la région, y compris les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie et d’autres pays d’Asie et d’Océanie.

Coincé en plein milieu des emmerdes, la Corée du Sud sera plus que jamais un joueur majeur en Asie, mais un parcours du style Pitfall attend la nouvelle présidente.

Articles originaux : Korean Joongang Daily et The Korea Times
Photo : Korea Joongang Daily

D’accord, mais qui est Park Geun-hye?

Son histoire marquée par le drame nous rappelle celle des Kennedy, sa volonté de fer est digne de Margaret Thatcher. Son air posé cache une force de caractère et une passion inouïe. Jamais elle ne montre quelconque signe de faiblesse, à tel point que certains observateurs — ou détracteurs — l’ont qualifié de « glaciale ».

Ces traits de personnalité, elle les a en partie hérités de son père, Park Chung-hee, le dictateur qui a mené la Corée du Sud dans un développement effréné pendant dix-huit ans. Le peuple, particulièrement la vieille génération, voit en elle les mêmes qualités que ce dernier, considéré comme un véritable héros.

Une tentative d’assassinat lui a laissé une cicatrice de dix centimètres sur la joue droite, longeant le bas de la mâchoire. Moins d’un centimètre plus bas, c’était la jugulaire. Cette entaille, seule imperfection visible sur son visage lisse et serein, est la preuve de son sang-froid infaillible.

L’attaque ne l’a nullement ébranlé. Elle reste fermement déterminée à diriger la Corée du Sud vers de nouveaux horizons. Lors des dernières élections de décembre 2012, sa balafre est même devenue une métaphore pour sa campagne électorale : « sacrifice et guérison sociale ». Son leitmotiv : entreprendre une nouvelle ère pour la Corée du Sud.

La tâche qui l’attend est cependant colossale. Le pays est dominé par des hommes en costards monotones aux valeurs ultra-misogynes et conservatrices. De plus, de nombreux malaises sociaux, jusqu’ici balayés sous le tapis, affectent gravement cette nation déjà sous pression entre la Chine et le Japon.

Carl T. Slater

Carl est un gaijin banlieusard paumé vivant à Funabashi, pas trop loin de Tokyo. Il n'a d'autre chose à offrir que des observations biaisées sur les trois dragons d'Asie, tout en essayant de ne pas trop faire honte à sa femme.

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